nota in italiano

 

Le silence, d'abord

Claire, onze ans, porte en elle un lourd secret. Mais ni son papa, ni personne d'autre ne le saura jamais. Sauf peut-être Éric, son copain de jeu, qui n'a pas peur de tonton Étienne.

Carrière du film 

15 festivals (Clermont-Ferrand, Metz, St Benoît de la Réunion, Rome, Cologne, Uppsala, Sousse, Rimouski, Pordenone, Tasmanie...)

Multi-diffusion Artv Canada.

C'est grâce à Laurent Bachet, un ami réalisateur, que j'ai pu rencontrer Marie Borrelli, une scénariste-réalisatrice. J’ai très vite voulu lire ce qu’elle écrivait. Un roman, des nouvelles : je découvrais l’intimité d’une jeune fille fantasque. Au milieu de toutes les feuilles qu’elle m’avait laissé en vrac, le scénario d'un film court, Même pas mal (la première partie du film y était déjà inscrite, pratiquement mot pour mot). J’ai tout de suite été frappé par la première scène, telle quelle, ainsi que par la justesse de ton du dialogue des enfants.

Marie avait écrit ce scénario dix ans auparavant, et puis l’avait laissé là, définitivement... Si elle n’en faisait pas un film, moi je le ferai. J'y voyais, à travers la mise en scène de la violence muette et inouïe de l'abus sexuel sur les enfants, une dénonciation de l’abus de pouvoir. J'y retrouvais également des thèmes qui me sont chers tels que l’amitié, le jeu, l’omniprésence des rapports de force entre les êtres et l’existence d’un monde parallèle : l’imaginaire.

Au cours du long travail de réécriture, d’abord avec Marie, puis en commun avec Michel Meyer qui nous a rejoint en avril 1999 (grâce à l’APCVL), et tandis que le scénario prenait forme, je faisais mien l'univers de Marie.

Résoudre la problématique de départ uniquement à travers l'action, finir le film dans le silence (véritablement) ainsi que localiser toute l'histoire au bord de la Loire se sont progressivement imposés à moi. La Loire, justement, me semblait bien servir le propos : son calme trompeur et ses tourbillons épars, la mousse jaunâtre qu’elle charrie quand elle est en crue, son lit presque asséché en été, ses rives alors blanches, sableuses et dangereuses...

J'avais également le désir très fort de tourner cette histoire en CinémaScope, avec une caméra toujours à hauteur d'enfant. Enfin, j'ai eu la chance de pouvoir m'entourer de collaborateurs aguerris : le chef opérateur image, Philippe Van Leeuw, avait éclairé La Vie de Jésus de Bruno Dumont, et le chef opérateur son, Pascal Ribier, a fait le son des 10 derniers films d'Éric Rohmer. Seuls les deux enfants n’avaient jamais joué devant une caméra, les adultes sont des acteurs chevronnés... J’avais rêvé de travailler avec lui, j’ai eu le privilège de pouvoir le faire : Rüdiger Vogler, l’acteur fétiche de Wim Wenders, qui était entré il y a une quinzaine d’années dans ma mythologie personnelle de cinéma avec Alice dans les villes (1973-74) et Au fil du temps (1976). Dans ce dernier, il interprétait d'ailleurs le rôle d’un projectionniste itinérant.

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